Reportage

Ski

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Randonnée Dôme de Miage avril 2016

Fiche événement: Lien


Encore raté!
La troisième tentative s’est de nouveau soldée par un échec.  La faute à la tourmente qui  trois jours durant a énergiquement  balayé le massif, décoiffé tout le monde, et accessoirement réduit à néant nos espoirs ascensionnels Dômino-Miagiques.  Notons néanmoins un progrès de taille comparativement aux deux revers précédents :  Nous avons cette fois enfin franchi le cap de la région Parisienne. En outre,  jusqu’à la dernière minute, rien ne laissait penser une possible remise en question du projet...

Les prévisions météo n’annonçaient rien le jour du départ qui aurait pu compromettre notre objectif. Tout juste signalaient-elles un plafond bas et de faibles précipitations le vendredi. Les deux jours suivants étaient précisés beaux, sans autre épisode particulier. Comme quoi, la météorologie n’est pas encore une science exacte. Tant mieux pour qui le monde contemporain ne laisse plus assez de place au temps, au hasard et à la poésie... Tant pis pour les autres!...

Ainsi, en dépit d’un temps conforme aux prévisions, maussade donc,  c’est la marguerite entre les dents, la chansonnette alerte, le sac et les skis sur le dos que nous avons amorcé notre périple. Partant  du lieu dit  Cugnon aux Contamines, il nous aura fallu progresser d’environ 300 mètres  en altitude avant de pouvoir enfin trouver la neige. Skis aux pieds, le cheminement  a pris ensuite une tournure plus conventionnelle. Pique-nique au refuge du Tré la Tête, franchissement du passage du « Mauvais Pas » le bien-nommé (car pas dangereux, mais il ne faut pas tomber!), évolution sur le glacier de Tré la Tête, puis enfin, ultime et rude ascension vers  l’étape du jour, le refuge des Conscrits. Au global, quelques  sympathiques 1650m de D+ qu’il aurait été encore plus agréable de franchir par temps clair... Peu importe, se disait-on, le beau temps et l’extraordinaire vue panoramique du sommet des Miages  nous attendent demain... Enfin, croyait-on!...

Le refuge des Conscrits est une belle architecture moderne de bêton, de bois et de verre, offrant des locaux techniques adaptés, de beaux espaces communs clairs, conviviaux,  et une vue panoramique exceptionnelle sur le massif.  Pour ce qui est des sanitaires, rien de mieux que ce qui est traditionnellement proposé dans les refuges Français : Rien, ou pas grand chose. De quoi perpétuer l’ancestrale idée préconçue des étrangers sur les us et coutumes Françaises en matière d’hygiène corporelle...

Trois jours d’activité physique intensive sans douche, voilà une expérience intéressante à vivre pour qui ne l’a jamais fait! Rassurez-vous, ça gène au début aux entournures, mais on fini par s’y habituer. C’est en quelque sorte, une manière de vivre encore plus intensément cette fugitive rupture avec la civilisation qui fait le charme de la randonnée en haute montagne. Pas de panique nous concernant, l’exposition permanente aux violentes bourrasques des deux jours suivants , nous mettait à l’écart de tout risque d’odeur de transpiration, même dans les  zones les plus intimes de notre anatomie. La tourmente aura au moins eu cette vertu!

C’est donc seulement une fois rendus au refuge des Conscrits à l’issue de notre première étape, qu’un bulletin météo  nous informait des conditions difficiles pour les deux jours à venir.  Les guides ici présents échangeaient alors d’arrache-pied sur les alternatives les plus pertinentes à mettre en œuvre compte-tenu d’un Foehn violent et d’une visibilité réduite à sa plus simple expression. Nous concernant, ce sera, pour samedi,  après malgré-tout une tentative d’approche sur le col de Miage, finalement l’aiguille de la Bérangère versant Ouest 3200 m  (D+700 m) suivie d’une redescente de 200m pour accéder au passage dit « du Curé » gravi skis sur le sac (D+100 m) avant de redescendre planches aux pieds et pied au plancher sur le refuge. Pour dimanche, compte-tenu de conditions météo semblables, ascension du col du Mont Tondu (D+750 m), puis redescente et remontée au refuge (D+200 m) pour récupérer l’un des nôtres qu’un problème technique a momentanément écarté du périple (peaux qui ne collaient plus. C’est pas de pot! Encore  merci Gecko!). Et pour finir, ultime descente sur Cugnon par le chemin de montée du 1er jour...

Alors, nos impressions à l’issue de ce périple? Trois jours isolés du monde en haute montagne reste une expérience forte et unique. En dépit de conditions d’évolution rudes,  d’une neige globalement impraticable, probablement la pire que nous ayons connue, même si nous avons  été contraints de renoncer à notre objectif final, non, rien de rien, nous ne regrettons rien (aurait pu dire Piaf). Pire, nous garderons le souvenir d’un séjour fort en émotions, en convivialité et en expérience. En outre, une des sorties du prochain programme ski est dès lors toute trouvée, au demeurant quasiment organisée: Objectif Dôme de Miage!..


La sortie en images : Diaporama complet